Tu vas le trouver, ton tarla!

jumelle

L’an dernier, devant le récit de mes déboires amoureux, avec l’intention avouée de me raccrocher un sourire dans le visage, le chum d’une amie m’a lancé : « Tu vas le trouver, ton tarla! ». Cette phrase tirée d’un épisode de la Petite Vie avait eu l’effet escompté à l’époque. Puis, dernièrement, en faisant le bilan des rencontres de cette année, je n’ai pu m’empêcher de penser à quel point 2015 avait apporté son lot de blaireaux.

En début d’année, après un an de célibat, je me suis laissée convaincre par mon colocataire de me remettre sur le marché. Je me suis donc inscrite à deux sites populaires de rencontres en ligne en me disant que j’avais rien à perdre. C’est donc ainsi que j’ai fait la connaissance des 4 premiers tarlas: l’amant de la nature, le Wannabe Deutsch, l’Intervenant social et le Sexteur.

L’amant de la nature, le premier candidat que j’ai rencontré, était parfait sur papier. Son profil laissait présager qu’il s’agissait de quelqu’un de cultivé, qui aimait l’art et la bière. C’était assez pour m’intriguer. Nous nous sommes donc donné rendez-vous dans une microbrasserie. Notre première rencontre ayant été un peu bizarre (qui jase des spéciaux de l’épicerie pendant une première date?) mais agréable, j’ai accepté de le revoir. Il m’a demandé de proposer la prochaine activité. Ça adonnait bien, il y avait justement une exposition que je souhaitais voir au Musée des beaux-arts. Monsieur accepte et on se donne rendez-vous le samedi après-midi suivant. Puis, coup de théâtre, le matin de notre rencontre, il m’a écrit qu’il préférait aller faire de la raquette. J’ai dû lui avouer que je ne possédais pas le gêne « amant de la nature » et on ne s’est jamais revus.

Comme ça s’était relativement bien passé, j’ai continué a éplucher les sites à la recherche de quelqu’un d’intéressé et intéressant. Je suis tombée le Wannabe Deutsch. Monsieur parlait les quatre mêmes langues que moi et œuvrait dans le monde du voyage. Après s’être échangé quelques longs courriels dans la langue de Goethe, nous avons convenu d’aller prendre un café. Une fois sur place, il m’a longuement expliqué pourquoi il ne sortirait jamais avec une québécoise (hello?!). En fait, la seule chose qui l’intéressait de ma personne était ma connaissance de l’allemand! Ce fut donc notre première et dernière rencontre.

N’étant pas du genre à abandonner facilement, j’ai persévéré. Après quelques échanges en lignes des plus intéressants, j’ai accepté de rencontrer l’Intervenant social dans un café du Sud-Ouest. La conversation est très vite devenue source de grand malaise. Il complétait chacune de mes phrases par « …au bar », « …prendre une bière » et des expressions du même champ sémantique. Il a même poussé l’audace à me demander si j’avais un problème de boisson. Il va sans dire que je lui ai dit d’oublier mes coordonnées et que je suis partie prendre un verre pour oublier ce désagréable moment. (Coup donc, j’ai peut-être un problème finalement. Hahaha! Non!)

Après les trois premiers, j’étais à la veille de démissionner. J’ai pourtant accepté de faire la connaissance du Sexteur dans un café près de la Place des Arts. Bien évidemment, avant de le rencontrer, je n’avais aucune idée de sa vraie nature. C’est après une première rencontre vraiment agréable que je lui ai donné mon numéro de téléphone. Puis, oh, surprise! Il s’est mis à m’inonder de sextos. Après lui, j’ai rendu les armes. J’étais loin d’avoir envie de découvrir s’il existait pire. J’ai donc encore fait une croix sur les rencontres en ligne.

clavier

Puis, surprise, la bière a mis M. Poke sur ma route en juillet. Après cette leçon apprise à la dure, j’ai décidé de me changer les idées en m’inscrivant à deux autres sites de rencontre. Cette fois, ma patience envers ce genre de site n’a duré que deux semaines. Après m’être fait poser un lapin par quelqu’un que je devais rencontrer, j’ai tout effacé.

Hors, la vie n’avait pas dit son dernier mot. Ce même jour où j’ai tout débranché, j’ai fait la rencontre de M. Copperfield. Ce qui s’annonçait comme quelque chose de prometteur n’était en fait qu’une illusion. (Voyez comme il porte bien son surnom!) J’écris ces lignes et je suis encore à l’envers. Non seulement en raison de ce qui s’est passé, mais aussi parce que j’ai eu le malheur de le recroiser peu après sa disparition volontaire. Évidemment, il a pris toutes les précautions possibles pour que nos regards ne se croisent pas. Ainsi, il n’avait même pas besoin de prétendre me connaître.

Tout ça pour dire que, après cette trop longue succession de pas d’allure, j’ai besoin de vacances loin des tarlas.  Dans quelques jours, je pars panser mes blessures d’amour propre au soleil à grandes gorgées de chilcanos de pisco.  La chasse à l’Homme (oui, le vrai, celui avec un grand H. J’ai rencontré assez de tarlas pour toute une vie!) est maintenant suspendue pour une période indéterminée. La porte est fermée et gare à celui qui essaiera de se faufiler par la trappe à chats!

* * *

Images: www.atlantico.fr et philotherapie.skynetblogs.be

Une réflexion sur “Tu vas le trouver, ton tarla!

  1. 😀 A un moment, il faut arrêter de chercher parce que ça épuise physiquement et mentalement. J’ai accepté mon célibat depuis quelques années et je m’y sens bien. Si je rencontre un homme bien parfait ! Si je n’en rencontre pas parfait ! Quelqu’un m’a dit que le bonheur est à la portée de chacun : qu’il soit célibataire ou en couple🙂

    Grâce Minlibé
    Auteur de Chimères de verre
    http://goo.gl/393hnI

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