Ver d’oreille

Au début des années 2000, France D’Amour chantait «Quand je pense à toi, j’entends ta voix» sur un beat up tempo.

Moi, j’ai pas besoin de penser à toi. J’entends ta voix partout, dans toutes sortes de circonstances. Pour le petit beat joyeux, on repassera.

Quand je mets les pieds dans un restaurant indien, je t’endens me dire «ça se vomit bien».

Quand j’écoute une de mes chansons préférées de Coldplay, je t’entends simuler des hauts-le-coeur.

Quand je passe devant un resto libanais, je t’entends dire que «ça sent les vidanges».

Que je mets les pieds dans une salle de spectacle, je t’entends te moquer de la carrière musicale de l’artiste ou du groupe sur scène.

Quand je parle d’un sujet pour lequel tu n’avais aucun intérêt – et Dieu sait qu’ils sont nombreux – un retentissant «je m’en câlisse» parvient à mes oreilles.

Puis, plus récemment, j’ai entendu ta voix quand je me suis inscrite au Défi 28 jours. Je t’ai d’abord entendu pouffer de rire, puis dire «Tu réussiras jamais, tu passes ta vie dans les bars».

Comment faire pour “mettre la switch à off”? Parce que maintenant au moment d’écrire ces lignes, je t’entends encore. Je t’entends me dire que je n’ai pas d’humour et que je prends tout au premier degré. Et j’en ai marre de t’entendre comme ça tout le temps.

J’ai cessé toute communication avec toi parce que je n’en pouvais plus de tes remarques assassines semées à tout vent. Plus d’appels, plus de textos, mais malgré cela je t’entends encore.

J’ai envie de faire comme les enfants et de me boucher les oreilles en chantant à tue-tête :

« Retuuuurn to sender ».

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